Cette filiale de Renault dévoile un nouveau moteur hybride qui promet une consommation record
Horse Powertrain, une filiale du groupe Renault, a officiellement présenté le HORSE H12, fruit d’une collaboration avec le spécialiste de l’énergie Repsol. Ce nouveau moteur thermique, conçu spécifiquement pour s’intégrer dans des architectures hybrides, affiche des chiffres de consommation particulièrement bas, visant un objectif ambitieux de 3,3 litres aux 100 kilomètres. Cette annonce marque une étape importante dans la stratégie du groupe pour décarboner ses motorisations tout en prolongeant la durée de vie des technologies thermiques améliorées.

Les spécifications techniques du moteur hybride HORSE H12
Le HORSE H12 se présente comme un moteur essence trois cylindres d’une cylindrée de 1,2 litre. Son design a été repensé de fond en comble pour fonctionner en parfaite synergie avec un système électrique hybride. La philosophie est claire : permettre au moteur thermique de fonctionner presque exclusivement dans sa plage de rendement optimal, déléguant les phases de faible efficacité, comme les démarrages et les accélérations brutales, au moteur électrique.
Parmi les innovations clés, on note l’utilisation d’un taux de compression très élevé, une gestion thermique avancée pour réduire les frottements, et une intégration poussée des composants de la chaîne de traction hybride. Le bloc a également été allégé pour contribuer à l’efficacité globale du véhicule. L’objectif de consommation mixte de 3,3 L/100km repose sur ce couplage intelligent et sur une calibration logicielle sophistiquée gérant en temps réel la répartition des efforts entre le thermique et l’électrique.
La stratégie derrière cette innovation hybride
Le lancement du H12 par Horse Powertrain s’inscrit dans une période de transition pour l’industrie automobile. Alors que l’électrique à batterie progresse, les constructeurs comme Renault investissent massivement dans l’hybridation comme technologie de pont essentielle. Elle permet de réduire significativement les émissions et la consommation du parc existant et futur, tout en répondant aux contraintes d’infrastructures et de coût pour une large partie des consommateurs.
La collaboration avec Repsol apporte une expertise cruciale en carburants et lubrifiants. Le moteur H12 est conçu pour tirer le meilleur parti des carburants actuels, mais aussi pour être compatible avec les biocarburants avancés et les carburants de synthèse (e-fuels) qui pourraient se développer à l’avenir. Cette approche vise à garantir la durabilité et la pertinence de la technologie sur le long terme, au-delà de la simple optimisation de l’essence fossile.
Quels impacts pour le marché automobile ?
Si les promesses techniques du HORSE H12 se concrétisent en conditions réelles de conduite, ce moteur pourrait équiper une large gamme de véhicules du groupe Renault, notamment les modèles populaires des marques Renault, Dacia et peut-être Alpine. Une consommation aussi basse en cycle mixte positionnerait ces véhicules hybrides comme des alternatives très compétitives, tant sur le plan économique qu’environnemental, face aux véhicules thermiques traditionnels et dans les segments où l’électrique pur reste encore cher.
Cette innovation démontre également la vitalité de Horse Powertrain en tant qu’entité spécialisée. En se concentrant sur le développement de motorisations thermiques et hybrides efficaces, la filiale permet au groupe mère d’accélérer ses recherches sur l’électrique, tout en sécurisant son offre pour la décennie à venir. Le H12 n’est donc pas une fin en soi, mais un maillon clé d’une stratégie technologique plurielle.
Les défis à relever et la perspective d’avenir
Le principal défi pour Horse Powertrain et Renault sera de valider le chiffre de 3,3 L/100km dans les homologations mondiales strictes (comme la norme WLTP) et, surtout, dans l’usage quotidien des automobilistes. La consommation réelle dépend fortement du comportement de conduite, du type de trajet et de l’état de charge de la batterie hybride.
L’autre enjeu est industriel et économique : produire ce moteur innovant à un coût maîtrisé pour le rendre accessible. L’hybridation ajoute de la complexité et des coûts (moteur électrique, batterie, électronique). La réussite commerciale du H12 dépendra de la capacité du groupe à optimiser cette chaîne de production. En cas de succès, cette motorisation pourrait devenir un standard pour les véhicules hybrides abordables en Europe et au-delà, prouvant que l’innovation thermique a encore un rôle majeur à jouer dans la course à la décarbonation.