Votre Hybride Rechargeable Pollue Plus Si Vous Ne le Branchez Pas

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Votre hybride rechargeable pollue plus si vous ne le branchez pas

Les hybrides rechargeables, ou PHEV, sont souvent présentés comme une solution de transition plus accessible entre les véhicules purement thermiques et les véhicules 100% électriques. Ils promettent une technologie plus avancée que les hybrides classiques pour une meilleure efficacité et de meilleures performances. Cependant, leur réel impact écologique et économique dépend entièrement de leur utilisation. Une nouvelle étude menée en Chine confirme un point crucial : si vous ne comptez jamais brancher votre hybride rechargeable, il est probablement préférable d’opter pour un hybride classique.

Une étude révélatrice sur l’utilisation réelle des PHEV

Cette étude, qui sera publiée dans un prochain numéro de la revue scientifique Transport Policy, a analysé les données de 500 hybrides rechargeables utilisés quotidiennement à Shanghai, en tenant compte de différentes habitudes de recharge. Dès le départ, les chercheurs rappellent un principe de base : le fonctionnement d’un PHEV peut se résumer à deux modes de conduite distincts.

Le mode Décharge de la batterie (CD) : l’idéal à privilégier

Le premier est le mode « Décharge de la batterie » (Charge-Depleting ou CD). C’est celui où vous devez vous trouver le plus souvent possible. Dans ce mode, l’énergie de la batterie est utilisée pour propulser le véhicule, offrant ainsi tous les avantages de la motorisation électrique, que ce soit une conduite 100% électrique sur une certaine autonomie ou l’accès au couple instantané caractéristique. C’est dans cette phase que le véhicule est le plus sobre et le moins polluant.

Un Kia Niro PHEV en action. Son impact écologique dépend largement de la fréquence à laquelle il est branché.

Le mode Maintien de charge (CS) : le retour à la case thermique

Une fois la batterie suffisamment déchargée, le véhicule bascule automatiquement en mode « Maintien de charge » (Charge-Sustaining ou CS). Ici, le moteur thermique prend le relais et fonctionne en permanence. Son rôle est double : assurer la propulsion et générer une petite quantité d’électricité pour maintenir un niveau minimal de charge dans la batterie, souvent aidé par le freinage régénératif. Dans ce mode, le véhicule fonctionne essentiellement comme une voiture hybride non rechargeable, avec un poids supplémentaire dû à la grosse batterie, ce qui peut même entraîner une surconsommation de carburant par rapport à un hybride classique.

Les résultats de l’étude : un constat sans appel

L’étude de Shanghai a mesuré les émissions réelles et la consommation de carburant selon la fréquence de recharge. Les conclusions sont édifiantes. Les propriétaires qui rechargent leur PHEV quotidiennement, idéalement la nuit à domicile, tirent pleinement parti de la technologie. Leurs émissions et leur facture de carburant sont considérablement réduites sur la majorité de leurs trajets quotidiens.

En revanche, les utilisateurs qui ne branchent presque jamais leur véhicule, comptant uniquement sur le moteur thermique et la régénération, annulent le principal avantage du « rechargeable ». Dans ce scénario, le PHEV devient souvent un véhicule plus lourd et plus complexe qu’un hybride classique, pour des performances environnementales équivalentes, voire inférieures. L’étude souligne que pour ces conducteurs, l’investissement initial plus élevé d’un PHEV n’est pas justifié.

Quelles leçons en tirer pour les futurs acheteurs ?

Cette recherche met en lumière l’importance cruciale du comportement de l’utilisateur dans l’équation des véhicules électrifiés. Avant d’opter pour un hybride rechargeable, il est essentiel de faire une évaluation honnête de ses habitudes et de son environnement.

La question centrale est : aurez-vous la possibilité de recharger régulièrement et facilement ? Possédez-vous une place de parking avec une prise dédiée ? Votre lieu de travail propose-t-il des bornes ? Si la réponse à ces questions est non, un hybride rechargeable risque de ne pas être la solution la plus vertueuse ni la plus économique. Un hybride full hybrid, plus simple d’utilisation, pourrait être un choix plus adapté et plus cohérent.

En définitive, le potentiel écologique des hybrides rechargeables est immense, mais il n’est libéré qu’à une condition : qu’ils soient effectivement et régulièrement branchés. Dans le cas contraire, ils ne sont qu’une solution technologique sous-exploitée, dont le bilan environnemental reste lourd.

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