Changement de stratégie chez Nissan
Le nouveau patron de Nissan change de cap. Dans une stratégie de rentabilité à tout prix, Ivan Espinosa décide de freiner l’élan tout-électrique de la marque, marquant un virage stratégique majeur pour le constructeur japonais. Cette décision intervient dans un contexte de concurrence féroce et de pressions économiques, poussant Nissan à réévaluer ses investissements et son calendrier de transition énergétique.

Les raisons d’un revirement
Plusieurs facteurs expliquent ce repositionnement. La demande pour les véhicules électriques, bien qu’en croissance, ne suit pas toujours les prévisions les plus optimistes dans certains marchés clés. Les coûts de développement et de production des batteries restent élevés, impactant la marge bénéficiaire. Face à ces défis, la direction a choisi de privilégier une approche plus équilibrée, intégrant les hybrides et les moteurs thermiques améliorés dans son offre à moyen terme.
Un recentrage sur la rentabilité
La priorité affichée est désormais la santé financière du groupe. Cela se traduit par une réallocation des ressources et un ralentissement du rythme des lancements de nouveaux modèles 100% électriques. L’objectif est de consolider les modèles existants et d’améliorer leur rentabilité avant d’engager de nouveaux investissements massifs.
Conséquences sur la gamme et l’innovation
Ce changement de priorité aura un impact direct sur le plan produit. Le développement de nouvelles plateformes dédiées à l’électrique pourrait être étalé dans le temps. Nissan mise plutôt sur l’évolution de ses technologies hybrides e-POWER et sur l’optimisation de ses moteurs à combustion, le temps que le marché et les infrastructures de recharge atteignent une maturité plus grande à l’échelle mondiale.
L’avenir de la Leaf et des modèles électriques
La Nissan Leaf, pionnière du segment, restera dans la gamme mais ses futures évolutions pourraient être moins radicales. Les projets de véhicules électriques très attendus, comme certains SUV, pourraient voir leurs dates de commercialisation ajustées. La marque ne tourne pas le dos à l’électrique, mais elle adopte une trajectoire plus pragmatique et graduelle.
Réactions et perspectives du marché
Cette annonce a suscité des réactions contrastées dans le secteur automobile. Elle reflète les difficultés rencontrées par de nombreux constructeurs pour concilier ambitions écologiques, attentes des consommateurs et impératifs économiques. La stratégie de Nissan, plus prudente, pourrait être suivie par d’autres acteurs confrontés aux mêmes défis de coût et de demande.
À long terme, Nissan réaffirme son engagement vers la neutralité carbone, mais le chemin pour y parvenir semble désormais plus flexible, intégrant un mix technologique diversifié plutôt qu’une course effrénée vers le tout-électrique.