Geely pourrait produire ses véhicules électriques en Europe via les usines Ford

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Pour s’installer en Europe, un constructeur chinois pourrait produire ses voitures chez Ford

Le paysage automobile européen pourrait connaître une alliance stratégique inédite. Après des échanges supposés avec le géant technologique Xiaomi, le constructeur historique Ford serait désormais en discussions avancées avec un autre acteur majeur venu de Chine : Geely. Ce partenariat potentiel aurait pour objectif de permettre à Geely de produire ses véhicules, notamment électriques, au sein des usines européennes de Ford, offrant ainsi une porte d’entrée rapide et efficace sur le marché continental.

Geely EX5 pour l'Europe

Une stratégie d’implantation accélérée en Europe

Pour les constructeurs chinois, l’accès au marché européen représente un défi logistique et industriel de taille. Établir une chaîne de production from scratch implique des investissements colossaux et un temps de déploiement long. La solution d’une production en partenariat, ou « contract manufacturing », apparaît donc comme une alternative pragmatique et rapide. En utilisant les capacités de production existantes et sous-utilisées de Ford en Europe, Geely pourrait contourner ces obstacles majeurs. Cette approche permettrait au constructeur chinois de lancer ses modèles sur le Vieux Continent sans délai, en s’appuyant sur l’expertise industrielle et les infrastructures d’un acteur centenaire.

Les enjeux pour Ford et l’industrie automobile

Du côté de Ford, un tel accord présenterait des avantages financiers non négligeables. En ouvrant ses usines à la production de véhicules pour un tiers, le constructeur américain optimiserait l’utilisation de ses actifs fixes et générerait des revenus complémentaires dans une période de transition vers l’électrique. Cette stratégie de mutualisation des outils de production devient de plus en plus courante face aux coûts de développement des nouvelles plateformes électriques. Pour l’industrie européenne, l’arrivée de Geely via ce canal représenterait une intensification significative de la concurrence, particulièrement dans le segment des véhicules électriques accessibles, où les marques chinoises excellent par leur rapport technologie-prix.

Geely et son portefeuille de marques électriques

Le groupe Geely n’est pas un nouvel entrant dans l’industrie mondiale. Propriétaire de Volvo Cars, de Polestar et de Lotus, entre autres, le géant chinois a déjà une forte expérience des collaborations internationales et des technologies avancées. Le modèle évoqué, le Geely EX5 (également connu sous le nom de Geometry C sur certains marchés), est un SUV électique compact qui illustre parfaitement l’offre que le groupe souhaiterait déployer en Europe : des véhicules modernes, bien équipés et compétitifs. Sa production locale lui permettrait d’éviter les droits de douane européens de 10% sur les voitures importées de Chine, un avantage décisif pour son positionnement tarifaire.

Les défis d’un partenariat sino-américain en Europe

Si les discussions aboutissent, la mise en œuvre d’un tel accord ne sera pas sans défis. Il faudra harmoniser les standards de production, les chaînes d’approvisionnement en batteries et composants, et gérer les aspects liés à la propriété intellectuelle. De plus, la réaction des syndicats et des gouvernements européens, soucieux de protéger l’emploi industriel local, sera un élément clé à surveiller. Ce partenariat potentiel symbolise néanmoins une nouvelle ère de l’automobile, où les frontières traditionnelles entre constructeurs, pays et alliances s’estompent au profit de collaborations pragmatiques dictées par l’urgence de la transition énergétique et les réalités économiques.

La possible collaboration entre Ford et Geely pour la production européenne est donc bien plus qu’une simple rumeur industrielle. Elle incarne une tendance de fond : la reconfiguration globale des chaînes de valeur automobiles. Les usines deviennent des plateformes de production neutres, et les savoir-faire se mutualisent pour faire face à la double pression de l’électrification et de la concurrence internationale. L’Europe, avec son marché exigeant et ses réglementations strictes, devient le théâtre de ces nouvelles alliances qui redéfiniront la carte automobile mondiale pour les décennies à venir.

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