Flexis : Renault rachète Volvo et CMA CGM dans la coentreprise de véhicules utilitaires électriques

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Nouveaux utilitaires électriques : Renault et Volvo se séparent déjà

Renault Trafic Van E-Tech electric

Selon des informations du journal Le Monde, le groupe Renault s’apprête à racheter les parts détenues par Volvo Group et l’armateur CMA CGM au sein de leur coentreprise Flexis. Cette structure, créée il y a moins d’un an, était dédiée au développement et à la production d’une nouvelle génération de véhicules utilitaires légers 100% électriques. Cette décision marque un revirement stratégique significatif dans le paysage concurrentiel des véhicules professionnels zéro émission.

La fin prématurée d’une alliance stratégique

Lancé avec grande ambition en mars 2024, le projet Flexis incarnait la volonté de trois géants industriels de mutualiser leurs expertises pour dominer le marché en pleine mutation des utilitaires électriques. Renault apportait son savoir-faire automobile et sa plateforme, Volvo Group sa connaissance approfondie du transport de marchandises et des services associés, tandis que CMA CGM devait contribuer via ses besoins logistiques colossaux et sa vision de la supply chain.

L’objectif annoncé était de développer une gamme de véhicules innovants, connectés et particulièrement adaptés aux nouvelles contraintes de la logistique urbaine et aux réglementations environnementales de plus en plus strictes dans les métropoles européennes. Le rachat par Renault des parts de ses partenaires suggère soit des divergences stratégiques profondes, soit une volonté du constructeur français de reprendre un contrôle total sur un axe de développement qu’il juge désormais trop critique pour le partager.

Les implications pour le marché des utilitaires électriques

Cette reprise en main solitaire par Renault aura des conséquences importantes sur le calendrier et la nature des futurs modèles. Initialement, Flexis devait accélérer le time-to-market de nouveaux véhicules en partageant les investissements, estimés à plusieurs centaines de millions d’euros. Désormais seul aux commandes, Renault devra assumer l’intégralité des coûts de R&D et d’industrialisation.

Pour le marché, cette séparation pourrait entraîner un retard dans l’arrivée des nouveaux produits. Cependant, elle permet à Renault d’aligner parfaitement le développement de ses futurs utilitaires électriques avec sa stratégie globale « Renaulution » et sa feuille de route électrique, qui inclut également les modèles particuliers. Le constructeur garde la maîtrise complète de la plateforme technique, des logiciels et des données, éléments devenus centraux dans la valeur des véhicules professionnels modernes.

Quel avenir pour la gamme Renault Trafic et Master électriques ?

La question centrale est l’impact de ce changement sur la gamme existante et future. Renault commercialise déjà les versions E-Tech électriques de son Trafic et de son Master. Les modèles issus de Flexis étaient censés représenter une nouvelle génération, plus radicale dans son architecture conçue dès l’origine pour la propulsion électrique (plateforme « skateboard »), offrant une autonomie étendue et une capacité de charge ultra-rapide.

Le rachat de la coentreprise indique que Renault entend bien poursuivre ce projet de véhicules « nativement électriques », mais sous sa seule bannière. Cela pourrait conduire à une gamme à deux vitesses : les utilitaires électriques dérivés de modèles thermiques actuels (Trafic/Master E-Tech) et, à plus long terme, une nouvelle famille de véhicules conçus sur une plateforme dédiée, héritière des travaux de Flexis. La marque pourra ainsi proposer des solutions pour tous les budgets et tous les usages professionnels.

Une concentration des forces sur un marché clé

En reprenant la totalité de Flexis, Renault concentre ses forces sur un segment crucial pour sa profitabilité et sa transition écologique. Les utilitaires représentent un pilier historique et financier solide pour le groupe. Le virage électrique de ce segment est impératif pour respecter les normes CO2 européennes et répondre à la demande croissante des entreprises et des collectivités engagées dans la décarbonation de leurs flottes.

Cette décision témoigne de la confiance de Renault dans son propre potentiel technologique et industriel. Elle évite également les éventuels conflits d’intérêts ou lentesurs de décision inhérentes aux coentreprises, permettant une agilité accrue. Dans la course à l’électrification, où les acteurs comme Stellantis, Ford ou les nouveaux entrants chinois sont très actifs, Renault mise sur la souveraineté et la rapidité d’exécution. L’enjeu est de taille : sécuriser une part dominante du marché européen des utilitaires légers zéro émission, dont la croissance est exponentielle.

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