Feux de Détresse en Conduite : Une Pratique Souvent Illégale par Mauvais Temps

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Conduire avec ses feux de détresse par mauvais temps

La période hivernale rime souvent avec des trajets plus délicats dans de nombreuses régions. Lorsque la neige et la pluie verglaçante tombent et que la visibilité diminue, certains automobilistes ont le réflexe d’allumer leurs feux de détresse, dits « warnings », pour plus de sécurité. Le problème, selon les experts, est que cette pratique peut en réalité nuire à la sécurité au point d’être tout simplement interdite dans plusieurs États américains, une réglementation qui trouve des échos dans les bonnes pratiques de conduite en Europe.

Une législation variable selon les États

Ce dernier détail est souvent méconnu des conducteurs. Prenons l’exemple de la Pennsylvanie : l’État autorise l’utilisation des feux de détresse en mouvement, mais uniquement lorsque le conducteur ne peut maintenir la vitesse minimale autorisée, ou 25 mph (environ 40 km/h) dans une zone d’affaires ou résidentielle, causant ainsi une perturbation de la circulation.

Des approches plus strictes ailleurs

D’autres États adoptent une position plus ferme. Le code de la route de la Californie, par exemple, ne prévoit aucune exception pour l’utilisation des warnings en mouvement par mauvais temps ; ils ne doivent servir qu’à « avertir les autres usagers de la route d’accidents ou de dangers ». En dehors de cela, le véhicule doit généralement être à l’arrêt. La Floride, quant à elle, était notoirement opposée à l’usage des feux de détresse en conduite jusqu’en 2021, date à laquelle sa loi a évolué pour les autoriser explicitement en cas de « visibilité extrêmement réduite sur les routes limitées à 55 miles par heure (environ 90 km/h) ou plus ».

Pourquoi cette pratique est-elle controversée ?

Allumer ses feux de détresse en roulant peut créer de la confusion pour les autres usagers. Ces feux clignotants sont universellement reconnus comme un signal indiquant un véhicule à l’arrêt ou en situation de détresse grave. Leur utilisation en mouvement brouille ce message. De plus, ils désactivent souvent les clignotants, empêchant le conducteur de signaler ses changements de voie ou ses virages, augmentant ainsi les risques de collision. En conditions de faible visibilité, il est généralement recommandé d’allumer simplement ses feux de croisement ou ses antibrouillards avant et arrière si le véhicule en est équipé, et surtout, de réduire sa vitesse et d’augmenter les distances de sécurité.

Que dit la réglementation en France et en Europe ?

En France, l’utilisation des feux de détresse est strictement réglementée par le Code de la route. Ils ne doivent être utilisés que pour signaler un danger immédiat, notamment lorsque le véhicule est à l’arrêt ou circule à une vitesse anormalement réduite en raison d’un problème, ou pour prévenir d’un obstacle soudain sur la chaussée. Les utiliser en circulation normale, y compris sous une pluie battante ou dans le brouillard, est interdit et peut être sanctionné. Cette logique est partagée par de nombreux pays européens, qui privilégient l’usage des feux de brouillard avant et arrière en cas de très mauvaise visibilité.

Les bonnes pratiques à adopter

Face à une tempête de neige, un brouillard dense ou de fortes pluies, la priorité est d’adapter son comportement. Allumez vos feux de croisement. Utilisez vos feux de brouillard arrière uniquement si la visibilité est inférieure à 50 mètres, en pensant à les éteindre dès qu’elle s’améliore pour ne pas éblouir les usagers qui vous suivent. Ralentissez significativement, allongez votre distance de sécurité et évitez les manœuvres brusques. En cas d’extrême nécessité où vous devez circuler à une vitesse anormalement faible et dangereuse pour le flux de circulation, l’usage très temporaire des feux de détresse peut être justifié pour vous signaler comme un obstacle mobile, mais le mieux reste de quitter la route dès que possible.

Conclusion

Si l’intention de vouloir se rendre plus visible par mauvais temps est compréhensible, l’usage des feux de détresse en conduite est souvent une mauvaise solution, potentiellement illégale et source de confusion. La sécurité repose avant tout sur une conduite adaptée aux conditions, l’utilisation appropriée des autres feux du véhicule, et la prudence. Il est crucial de se renseigner sur la réglementation locale, car, comme le montrent les exemples américains, la loi peut varier considérablement d’un État à l’autre, tout comme les usages peuvent différer d’un pays européen à l’autre.

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