Électrification logistique : le parcours de 10 ans d’un hypermarché pour ses utilitaires électriques

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Dix ans de galère pour enfin équiper cet hypermarché en utilitaires électriques

L’électrification d’une flotte de livraison pour un grand magasin représente souvent un défi de longue haleine. Le témoignage d’un hypermarché situé dans le Pas-de-Calais en est une parfaite illustration, avec un parcours initié bien avant que la mobilité électrique ne devienne une tendance majeure.

Les 2 Mercedes eSprinter de l'hypermarché Leclerc de Benoit

Un projet initié dès 2017

Depuis 2017, Benoit s’est engagé dans un processus d’électrification de la logistique de son point de vente. Cette démarche pionnière a débuté avec l’acquisition de véhicules utilitaires légers électriques, tels que les Goupil G3. Ces premiers modèles ont permis de tester l’usage au quotidien et de valider la pertinence de la technologie pour des livraisons en milieu urbain et péri-urbain.

Cette phase initiale était cruciale pour comprendre les contraintes réelles : l’autonomie, les temps de recharge, la disponibilité des infrastructures et le coût total de possession. Elle a mis en lumière l’écart important qui existait à l’époque entre les besoins opérationnels d’une grande surface et l’offre disponible sur le marché des véhicules utilitaires électriques.

Les obstacles sur la route de l’électrique

La principale difficulté a résidé dans le manque d’options adaptées aux besoins de fret plus importants. Pendant de nombreuses années, l’offre se limitait essentiellement à des petits véhicules, inadaptés aux volumes de marchandises à transporter pour les livraisons à domicile ou entre magasins.

L’attente d’un modèle capable de combiner une capacité de chargement suffisante, une autonomie compatible avec des tournées quotidiennes et une robustesse à toute épreuve a duré près d’une décennie. Cette période a été marquée par des adaptations logistiques, un suivi attentif des innovations et des discussions constantes avec les constructeurs pour exprimer les besoins des professionnels de la distribution.

L’arrivée de solutions enfin matures

Le paysage a commencé à changer significativement avec l’arrivée sur le marché de nouveaux modèles, comme le Mercedes eSprinter. Ce type de véhicule a enfin répondu aux critères exigeants de la grande distribution. Son autonomie, sa capacité de charge et sa fiabilité ont permis de l’intégrer pleinement dans la flotte logistique sans compromis opérationnel.

L’acquisition de ces utilitaires électriques de grande capacité a constitué l’aboutissement d’un long processus. Elle a validé la viabilité technique et économique d’une logistique décarbonée pour un hypermarché. L’installation des bornes de recharge adaptées, souvent une étape complexe en termes de puissance électrique disponible et d’aménagement de la zone de dépôt, a également fait partie de ce projet global.

Les bénéfices concrets de la transition

Au-delà de l’aspect environnemental évident, la transition vers l’électrique a apporté des avantages tangibles. La réduction du bruit lors des livraisons en zone résidentielle, notamment tôt le matin ou en soirée, est un point fort apprécié. Les coûts d’exploitation, avec un prix du kilomètre souvent inférieur à celui du diesel, contribuent à la rentabilité du projet sur le long terme.

La fiabilité mécanique des motorisations électriques, avec moins de pièces en mouvement et d’entretien courant, réduit également les temps d’immobilisation des véhicules. Pour les livreurs, le confort de conduite, l’absence de vibrations et la simplicité d’utilisation sont des atouts quotidiens.

Un exemple pour la grande distribution

Ce parcours de dix ans, entre les premiers tests et l’équipement d’une flotte opérationnelle, sert aujourd’hui de référence. Il démontre que la transition est possible, même pour des activités logistiques intensives, à condition d’une planification rigoureuse et d’une patience à toute épreuve face aux limites technologiques initiales.

L’histoire de cet hypermarché montre que l’électrification des livraisons n’est plus un projet futuriste, mais une réalité opérationnelle. Elle ouvre la voie à une transformation plus large du secteur de la distribution, engagé dans la réduction de son empreinte carbone. Les leçons apprises sur la gestion des batteries, la planification des tournées en fonction de l’autonomie et l’optimisation des charges sont désormais partagées pour accélérer la transition écologique de toute une profession.

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