L’administration Trump abroge le cadre réglementaire des émissions automobiles
Comme cela avait été annoncé plus tôt dans la journée, l’administration Trump a déclaré que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) révoquait sa conclusion de 2016 selon laquelle les gaz à effet de serre constituent une menace pour la santé publique. Cette conclusion, connue sous le nom de « Endangerment Finding », servait de fondement aux normes d’émissions établies sous les présidences Obama et Biden, normes que l’administration actuelle accuse d’avoir fait augmenter le prix des automobiles. En revenant sur cette conclusion antérieure, l’administration invalide de fait toutes les politiques et procédures qui en découlaient, certaines remontant jusqu’à 2012.
Une décision présentée comme historique par l’EPA
« La conclusion sur le danger a été la source de 16 ans de restrictions du choix des consommateurs et de milliers de milliards de dollars de coûts cachés pour les Américains », a déclaré l’administrateur de l’EPA, Zeldin, dans l’annonce publique de l’agence. « Appelée par certains le ‘Saint Graal’ de la ‘religion du changement climatique’, la conclusion sur le danger est désormais éliminée. »
« L’EPA de Trump suit strictement la lettre de la loi, ramène le bon sens dans la politique, offre aux Américains le choix du consommateur et fait avancer le rêve américain », a poursuivi Zeldin. « Comme bonus supplémentaire, le crédit hors cycle pour la fonction start-stop, presque universellement détestée sur les véhicules, a été supprimé. »
Les impacts économiques revendiqués de la dérégulation
L’EPA affirme que cette « plus grande action de dérégulation de l’histoire des États-Unis » permettra d’économiser plus de 1 300 milliards de dollars aux contribuables américains. Ces économies seraient réparties entre une réduction du coût des véhicules neufs et l’évitement des coûts d’achat d’équipements liés aux véhicules électriques. Cette mesure, selon l’agence, génère des économies sur des dépenses que les consommateurs ne savaient même pas qu’ils allaient devoir engager.
Cette révocation marque un tournant radical dans la politique environnementale américaine concernant le secteur automobile. Elle démantèle le cadre juridique qui a permis pendant près de deux décennies d’imposer des normes d’émissions de plus en plus strictes aux constructeurs. Les partisans de cette décision y voient un retour à la réalité économique et une libération du marché, tandis que les détracteurs la considèrent comme un recul environnemental majeur, fragilisant la lutte contre le changement climatique.
Conséquences sur l’industrie automobile et les normes techniques
L’élimination de la « Endangerment Finding » a des implications directes sur les réglementations techniques. Par exemple, la suppression du crédit pour la technologie start-stop, conçue pour réduire la consommation de carburant et les émissions lorsque le véhicule est à l’arrêt, en est une illustration. Cette fonction, souvent critiquée par les conducteurs pour son manque de fluidité, perd ainsi son avantage réglementaire incitatif.
Cette décision relance également le débat sur le coût réel des réglementations environnementales et leur impact sur le prix final pour le consommateur. L’administration Trump soutient que les normes précédentes alourdissaient considérablement les coûts de fabrication, un fardeau reporté sur l’acheteur. À l’inverse, les défenseurs des normes strictes argumentent que ces coûts sont compensés à long terme par les économies de carburant et les bénéfices pour la santé publique, tout en stimulant l’innovation technologique.
Le paysage réglementaire américain en matière d’émissions automobiles entre donc dans une période d’incertitude, avec des implications potentielles sur les stratégies mondiales des constructeurs et sur les objectifs internationaux de réduction des gaz à effet de serre.