Ventes de véhicules électriques : une première baisse en 2025 après 10 ans de croissance
Pour la première fois en une décennie, les immatriculations de véhicules électriques aux États-Unis ont reculé en 2025. Cette information, révélée par les nouvelles données de S&P Global Mobility, marque un tournant significatif. La baisse, bien que modeste à 0,4%, est notable car elle rompt une tendance haussière ininterrompue depuis que le cabinet de recherche a commencé à compiler ces statistiques en 2016.
Une part de marché en recul malgré un marché automobile global en croissance
Dans le même temps, la part des véhicules électriques dans le mix global des ventes de voitures neuves est passée de 8% à 7,8%. Ce recul est d’autant plus frappant qu’il survient dans un contexte où le total des immatriculations, tous types de motorisations confondus, a progressé de 2,2% sur la période. Une analyse plus fine du premier semestre 2025, avant la suppression du crédit d’impôt fédéral en septembre, montre pourtant une dynamique différente : les immatriculations de VE avaient alors augmenté de 4,6% par rapport à la même période de 2024. Ce ralentissement brutal contraste fortement avec la croissance vigoureuse des années précédentes, qui avait atteint 11% sur l’ensemble de l’année 2024 et même 52% en 2023.
Au-delà des incitations : le fossé des « early adopters »
Si la fin des incitations fédérales a certainement accéléré cette inversion de tendance, les analystes pointent une raison structurelle plus profonde. Cette transition difficile est souvent qualifiée de « fossé post-premiers adeptes ». Le phénomène est bien connu dans l’industrie : après une phase d’adoption rapide par les consommateurs pionniers, enthousiastes et technophiles, conquérir le marché grand public s’avère beaucoup plus complexe. Cette majorité tardive est généralement plus sensible au prix, à l’autonomie réelle, à la praticité de la recharge et à la fiabilité perçue de la technologie.
Performances par marque : Tesla et Rivian en première ligne
Une analyse par constructeur révèle que très peu de marques ont affiché un nombre de livraisons plus élevé en 2025. Tesla, leader du marché, a logiquement subi un coup dur, enregistrant 35% d’immatriculations en moins en décembre 2025 par rapport à décembre 2024. Rivian a également connu une fin d’année difficile, avec une chute de 44% sur un an pour la même période de comparaison. Cette baisse des ventes a contribué à une perte nette substantielle pour le fabricant de SUV et pick-up électriques. La concurrence s’intensifie avec l’arrivée de nombreux modèles des constructeurs traditionnels, mais la demande globale semble marquer une pause, indiquant que le marché entre dans une phase de maturation et de consolidation.
Les défis de la massification du véhicule électrique
Cette première baisse depuis dix ans soulève des questions sur la trajectoire future de l’électrification du parc automobile. Plusieurs défis persistent pour séduire l’acheteur moyen : le coût d’acquisition souvent plus élevé, malgré des économies à l’usage, les inquiétudes concernant la résilience du réseau de recharge sur de longs trajets, et la volatilité des prix des matières premières pour les batteries. Les constructeurs et les pouvoirs publics devront probablement adapter leur stratégie pour franchir ce fameux fossé. Cela pourrait passer par des innovations technologiques réduisant les coûts, un déploiement plus dense et fiable des infrastructures, ou de nouvelles formes d’incitations ciblées. L’année 2025 apparaît ainsi non pas comme un échec de la mobilité électrique, mais comme une étape charnière dans sa transition vers le marché de masse.

