La Chine interdit les poignées de porte rétractables après des accidents mortels
La Chine a pris une mesure radicale en interdisant les poignées de porte rétractables sur les nouveaux véhicules. Cette décision fait suite à plusieurs décès où des occupants ont été piégés à l’intérieur de voitures en feu. Bien que ces tragédies ne soient pas exclusives à la Chine, cette interdiction place le pays en avance sur une question de sécurité automobile cruciale, contrastant avec la situation aux États-Unis où des procès se multiplient.
Un nouveau procès aux États-Unis met en lumière le danger
Un nouveau procès a été déposé cette semaine devant le tribunal de district du Massachusetts concernant le décès d’un conducteur de Tesla. La victime, Samuel Tremblett, âgé de 20 ans, n’a pas pu sortir de son Model Y après une collision ayant provoqué un incendie en octobre dernier. Lors de son appel au 911, le jeune homme a indiqué aux secours qu’il était piégé dans le véhicule en flammes. Il est décédé des suites de brûlures thermiques et d’inhalation de fumée, son corps ayant été retrouvé sur la banquette arrière.
Les constructeurs automobiles sous pression
Face à la multiplication des signalements similaires au cours de la dernière année, les constructeurs commencent à réagir. Tesla a annoncé qu’il redessinait son système d’ouverture des portes pour qu’elles se déverrouillent automatiquement après la détection d’un choc. Rivian, de son côté, reconsidère son approche pour son futur modèle R2. La version révisée du R1 avait en effet introduit des poignées électroniques rendant les mécanismes de secours physiques particulièrement difficiles d’accès pour les passagers arrière.
La réponse législative et l’inaction relative
Si législateurs et constructeurs reconnaissent l’existence d’un problème, la réponse concrète tarde. Un représentant américain de l’Illinois a récemment appelé à une action réglementaire, mais aucune mesure fédérale contraignante n’a encore été adoptée. L’interdiction chinoise, bien que perçue par certains comme une entrave à l’innovation, pose une question fondamentale : jusqu’où peut-on aller dans la numérisation des commandes essentielles au détriment de la sécurité passive ?
Le dilemme entre innovation et sécurité fondamentale
Les poignées de porte rétractables, souvent présentées comme un symbole de modernité et d’aérodynamisme, incarnent ce dilemme. En situation de panne électrique, de choc violent ou d’incendie, leur défaillance peut se transformer en piège mortel. L’approche chinoise, radicale, tranche en faveur d’un principe de précaution. Elle souligne que certaines fonctions automobiles, comme l’ouverture mécanique des portes, ne devraient pas être sacrifiées sur l’autel du design ou de l’électronique.
Vers une prise de conscience globale ?
L’initiative de la Chine pourrait servir de catalyseur pour une réflexion mondiale sur la standardisation des dispositifs de secours. Alors que l’industrie automobile se dirige vers une électrification et une numérisation toujours plus poussées, la garantie d’un accès physique et intuitif aux issues de secours devient un impératif non négociable. La sécurité des occupants ne doit pas dépendre de la bonne santé d’une batterie ou d’un circuit imprimé, surtout dans les situations d’urgence extrêmes.
Le cas tragique de Samuel Tremblett et les actions en justice qui en découlent rappellent que l’innovation technologique doit être asservie à la sécurité, et non l’inverse. La course à l’équipement high-tech dans l’automobile rencontre ici une limite éthique et réglementaire que d’autres pays pourraient bientôt être contraints de tracer, à l’instar de la Chine.