BMV et la pérennité des moteurs thermiques haut de gamme
Alors que l’industrie automobile accélère sa transition vers l’électrique, BMW prend une décision stratégique qui marque son attachement à l’héritage des motorisations de performance. Le constructeur allemand a officiellement confirmé qu’il continuera à produire et à proposer des véhicules équipés de moteurs V8 et V12. Cette announce ferme met un terme aux rumeurs récentes évoquant l’abandon pur et simple de ces blocs emblématiques.
Une stratégie claire face aux rumeurs
La confusion est née de l’arrêt de la production des V8 au sein de l’usine de Steyr, en Autriche, prévu pour 2025. Cependant, cette décision opérationnelle ne signifiait en rien la fin de ces moteurs. Un porte-parole de BMW a précisé qu’il s’agissait simplement d’une relocalisation de la production vers le site de Hams Hall, au Royaume-Uni. Cette usine assemble déjà, depuis 2022, une large gamme de motorisations, des trois et quatre-cylindres jusqu’aux gros blocs à forte cylindrée.
Le message du constructeur est sans équivoque : « Les moteurs hautes performances restent un élément central de notre stratégie. » Cette déclaration réaffirme la vision d’une gamme future où l’électrique constituera le cœur de l’offre, tout en conservant une place de choix pour les motorisations thermiques les plus exclusives et passionnantes, destinées aux modèles phares et aux séries spéciales.
Cette approche en deux temps permet à BMW de répondre aux exigences réglementaires et à la demande croissante pour les véhicules électriques, sans pour autant tourner le dos aux puristes et aux amateurs de sensations mécaniques traditionnelles. Les V8 et V12 symbolisent l’apogée de l’ingénierie thermique et contribuent à l’aura des modèles les plus prestigieux de la marque, comme les séries M ou les berlines de luxe.
Un contexte industriel en pleine mutation
La décision de BMW intervient dans un paysage automobile où de nombreux constructeurs annoncent des dates butoirs pour la fin du moteur à combustion. La marque bavaroise adopte ainsi une position plus nuancée et pragmatique. Elle reconnaît que la demande pour ces motorisations de haut vol, bien que niche, reste solide, notamment sur des marchés clés comme les États-Unis et le Moyen-Orient, où la culture de la performance et du grand moteur est profondément ancrée.
Le transfert de production vers Hams Hall s’inscrit dans une logique d’optimisation et de spécialisation des sites manufacturiers. En regroupant l’assemblage de moteurs de différentes cylindrées sur un même site, BMW gagne en flexibilité et en efficacité. Cela lui permet de s’adapter plus finement aux fluctuations de la demande entre les motorisations thermiques traditionnelles et les groupes motopropulseurs électrifiés.
À plus long terme, cette stratégie laisse entrevoir une gamme BMW dualiste. D’un côté, une large offre de véhicules électriques, des compactes aux SUV, destinée au grand public. De l’autre, une lignée de modèles de performance et de grand tourisme, propulsés par des moteurs thermiques ultraréfinés, perpétuant la tradition du plaisir de conduire propre à la marque. Cette coexistence semble être la voie choisie pour naviguer la transition énergétique sans sacrifier l’ADN émotionnel de BMW.
En définitive, l’annonce de BMW rassure les passionnés. Elle démontre que, dans un avenir largement électrifié, il restera une place pour le son et la sensation uniques d’un V8 ou d’un V12 atmosphérique. La marque entend bien prouver que performance et responsabilité ne sont pas nécessairement incompatibles, et que l’ère du moteur à combustion n’est pas encore tout à fait révolue pour les automobiles d’exception.

