Comment Hyundai est passé du statut de marque moquée au 3e constructeur automobile mondial
Identifier le point de basculement pour Hyundai est un exercice complexe. À quel moment le constructeur coréen est-il passé du statut de cible de railleries à celui de leader ? Quand a-t-il commencé à être pris au sérieux ? Quand ses véhicules sont-ils réellement devenus bons ? En réalité, il s’agit moins d’un instant précis que d’un processus, initié au tournant du siècle. Retraçons ce qui constitue probablement la plus impressionnante transformation de l’histoire automobile.
Les débuts modestes et la nécessité d’un changement
Durant les trente premières années suivant sa fondation en 1968, Hyundai Motor n’a guère accompli plus que la production de véhicules possédant une seule qualité rédemptrice : leur prix d’achat bas. Ils n’étaient pas bien construits, et ils n’offraient ni plaisir de conduite ni luxe, à quelque niveau que ce soit. Le Hyundai que nous connaissons aujourd’hui a véritablement entamé sa mue en 1999, lorsque le fondateur de l’entreprise, Chung Ju-Yung, a cédé les rênes à son fils, Chung Mong-Koo. Cette même année, Hyundai faisait également l’acquisition de Kia.
La priorité absolue : la qualité et la fiabilité
Dès ses premiers jours à la tête du groupe, Chung Mong-Koo s’est concentré sur l’amélioration de la fiabilité avant toute chose. Il avait compris que sans qualité, toute autre avancée de la marque ne parviendrait pas à fidéliser les consommateurs. Cette stratégie a été soutenue par la célèbre garantie de 100 000 miles (environ 160 000 km) de Hyundai, à laquelle on attribue une augmentation de 80% des ventes de ses véhicules aux États-Unis. Les résultats ont commencé à se matérialiser en seulement cinq ans. En 1999, J.D. Power classait Hyundai parmi les pires constructeurs en termes de qualité initiale. Dès 2004, il était à égalité avec Honda à la deuxième place.


Une stratégie de design et d’innovation audacieuse
Une fois la fiabilité solidement établie, Hyundai a pu se concentrer sur d’autres aspects. Le constructeur a engagé des designers de renom et a investi massivement dans la recherche et le développement. Cette période a vu l’émergence de la « Fluidic Sculpture », un langage stylistique qui a radicalement transformé l’apparence des modèles, les rendant plus dynamiques et attractifs. Parallèlement, Hyundai a accéléré le développement de technologies propres, devenant un acteur majeur dans les véhicules hybrides, électriques et à pile à combustible hydrogène avec sa marque dédiée, Hyundai NEXO.
La création d’une image sportive et premium
Pour définitivement briser son image de marque « bas de gamme », Hyundai a lancé sa division performance « N ». Des modèles comme la i30 N ou la Kona N ont été acclamés par la presse spécialisée pour leurs qualités dynamiques, rivalisant avec les références européennes. Simultanément, la création de la marque Genesis en 2015 a permis au groupe de s’attaquer au segment premium, avec des véhicules au design épuré, dotés des dernières technologies et d’un niveau de finition élevé.
Une ascension vers le podium mondial
Cette stratégie multidimensionnelle – qualité irréprochable, design audacieux, innovation technologique et diversification vers le sportif et le premium – a porté ses fruits. En quelques décennies seulement, Hyundai Motor Group, incluant Kia et Genesis, est devenu le troisième plus grand constructeur automobile au monde en volume. Son parcours démontre qu’avec une vision claire, des investissements ciblés et une obsession pour la satisfaction client, une transformation radicale est possible, même dans une industrie aussi compétitive et établie que l’automobile.